Docteure Papillon et Mister Z.

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mardi 19 décembre 2006

Prescription de crayons de couleurs

Nous avons admis une patiente schizophrène à l'étage. Pas pour sa schizophrénie mais pour un problème de santé physique. Ceci dit, ça ne l'empêche pas d'être encore schizophrène à ses heures perdues.

Entre autres, dès qu'elle s'ennuie, elle se met à faire des conneries, comme par exemple jouer avec un briquet et mettre le feu partout. Donc ils lui ont attribué un préposé 24h sur 24 pour la surveiller, avec de multiples prescriptions de tranquillisants majeurs et autres neuroleptiques comme contention chimique.

Nous sommes passés dans le dossier pour faire retirer le préposé 24h. À la place, on a prescrit un cahier à colorier et des crayons de couleurs.

Tu lui donnes ça, et elle est sage comme une image pendant des heures. Bien plus efficace que des anti-psychotiques, et sans effets secondaires.

lundi 4 décembre 2006

Desjardins, des gros fourreurs comme les autres ?

Il faut croire que oui...

Étant donné que mon père m'a jetée comme une malpropre le jour où je suis devenue mariée (enfin bon, il faut dire ce qui est, il m'avait déjà jetée depuis très longtemps et ça ne faisait que confirmer des choses connues...), et la situation financière se corsant, j'ai eu la brillante idée d'aller cogner à la porte de la banque la plus près de chez moi pour m'informer de leurs marges de crédit. Comme j'en ai marre de me faire fourrer par toutes les banques que je connais, mon choix s'est tout naturellement porté sur la caisse populaire Desjardins, que je pensais différente de tous les autres (en plus, c'est comme ça qu'ils s'annoncent). Et puis, il paraît que pour les étudiants en médecine, ils déroulent tous le tapis rouge, alors je pensais que j'allais me faire traiter avec sérieux et professionnalisme. Je me trompais lourdement.

Donc je rencontre une conseillère spécialisée en marges, qui me parle tout le long comme à une pauvre petite conne. La première condition qu'elle m'évoque est celle d'une assurance-vie au cas où je mourrais. Je comprends le principe. Elle veut me vendre leur assurance-marge à plus de 7$ par mois, qui n'assure que la marge et pas la vie par ailleurs. Je me dis que tant qu'à acheter une assurance-vie pour éventuellement mourir, autant qu'elle protège aussi un peu les gens que j'aime. Là-dessus, on en vient presque à annuler l'ouverture de la marge, mais elle finit par me dire qu'elle fera tout de même la vérification. Finalement, le lendemain, sur mon répondeur, on me fait une "immense faveur" : j'ai le droit de choisir l'assurance-vie que je veux. Donc, on poursuit la démarche d'ouverture.

Par la suite, elle me demande de passer à la succursale pour signer une "formalité" qui consiste à faire migrer mon prêt étudiant du gouvernement de la BMO, où il dort tranquillement, vers chez eux. Suspicieuse, je demande si c'est vraiment obligatoire, ce à quoi elle répond par l'affirmative, en me répétant que ce n'est vraiment qu'une simple formalité. OK, elle doit connaître son affaire, et moi je m'en fous d'où dort mon prêt.

Le mois suivant, il se trouve que je ne reçois pas mon aide financière comme à l'habitude. Après de multiples appels à l'aide financière du gouvernement à Québec, à la BMO, à Desjardins, et des heures d'attente au téléphone, je finis par comprendre qu'en cas de transfert de banque, le gouvernement BLOQUE tout bonnement l'aide financière jusqu'à ce que les MULTIPLES ÉTAPES ADMINISTRATIVES des deux banques soient complétées. Ce qui peut durer plusieurs mois. Donc j'ai trouvé ça très drôle, de ne plus recevoir mon aide financière du gouvernement pendant plusieurs mois, en pleine année scolaire où j'ai justement de multiples surplus à payer en prime des frais de scolarité (inscription au service de jumelage en résidence : 300 $, inscription à l'examen final de médecine : 700 $, etc.).

Je rappelle ma conseillère qui me dit qu'elle ne savait pas que ça se passait comme ça. Je lui fais savoir que je suis très mécontente et que j'espère qu'elle s'occupera de faire avancer les choses. Elle me dit qu'il n'y a pas de problème, qu'il suffit d'ouvrir ma marge plus vite (!!), comme ça je n'aurai plus de soucis financiers. Je lui dit que ce n'est pas comme ça que ça marche et que je veux d'abord ravoir mon aide financière. Après des appels acharnés de ma part aux différents intervenants impliqués, mon aide financière finit par débloquer et réapparaître après deux longs mois d'attente.

Entre-temps, sur mon répondeur, la conseillère m'explique ce que je dois faire avec mon assurance-vie.

Je dois préciser que depuis le début, elle me disait qu'il était obligatoire d'ouvrir la plus grosse marge possible pour les étudiants en médecine, i.e. 125 000 $, même si je lui répétais mille fois que je voulais juste un petit montant en cas de coup dur, avant de commencer à recevoir mon salaire de résidente, ce qui s'en vient très bientôt. Ça m'embêtait, parce que je me disais que si je voulais une hypothèque, dans quelques années, une aussi grosse marge allait sûrement me plomber ! Mais bon, pas le choix hein... Bref, il fallu donc aussi prendre une assurance-vie de 130 000 $ pour couvrir le montant fou de cette marge folle.

La démarche à faire était donc de mettre Desjardins comme bénéficiaire UNIQUE ET IRRÉVOCABLE de mon assurance-vie. Ce que j'interprète comme : même si j'ai juste utilisé 500 $ de la marge et que je meurs demain matin, Desjardins va se faire 130 000 $ sur mon dos et ma famille n'aura pas une cenne. Je me dis que je suis néophyte en la matière et que je n'y connais rien. Alors j'appelle tout de même mon assureur pour leur demander quoi faire avec ça. Et je me fais répondre que ce qu'on exige de moi est très étonnant, n'est pas normal du tout, et que je devrais aller me chercher une marge ailleurs. Pourtant, mon assureur aussi est affilié à Desjardins, c'est dire !

Après autant d'épisodes douteux, je finis par porter une plainte officielle par téléphone, d'abord à cause de la suspension de mon aide financière pendant plusieurs semaines, ensuite pour les demandes anormales concernant mon assurance-vie. Le lendemain, le directeur adjoint laisse un message sur mon répondeur. Le surlendemain, j'essaie de le rappeler et j'apprends qu'il a quitté Desjardins ! Ben voyons donc, que se passe-t-il ?

Le sur-surlendemain, j'appelle directement la directrice de la succursale. Et j'apprends que presque rien ne s'est passé dans les règles de l'art. Dès le début, j'aurais dû recevoir un dépliant m'expliquant que je peux choisir l'assureur de mon choix et la façon de procéder. J'aurais d'ailleurs aussi dû avoir le choix du montant de la marge que je voulais ouvrir. Et il n'était absolument pas nécessaire de transférer mon aide financière de l'ancienne banque à Desjardins. La directrice se confond en excuses et est bien désolée de ce qui m'est arrivée, ne cessant de répéter que la conseillère a vraiment besoin de FORMATION. Oh oui, c'est ça, formez-la !

Heureusement que je n'ai pas de marge avec ces fourreurs. Ils ne méritent même pas que je m'endette avec eux.

Du coup, je ne sais plus trop quoi faire. J'ai l'impression que toutes les banques nous arnaquent. Je pense que la conclusion, c'est qu'on peut choisir la banque qu'on veut (genre la plus proche de chez soi, ou la plus pratique), et puis être très vigilant par rapport à tout ce qu'ils font sur le compte (car ils font très souvent des "erreurs" à leur avantage, qu'il faut ensuite leur demander de corriger...) et d'être aussi très critique par rapport à tout ce qu'ils demandent de faire. N'empêche que c'est épuisant de les surveiller et de ne pouvoir leur faire confiance. En plus, c'est complètement inintéressant de se soucier de ça.

dimanche 3 décembre 2006

Santa clause before X-mas

Le Père Noël utilise désormais Fedex. À l'occasion Dernière il a livré 3 bons livres (Worldchanging, a user's guide for the 21st century, The fortune at the bottom of the pyramid, Eradicating poverty through profits de Prahalad, et Making globalisation work de Stiglitz -après avoir lu récemment Globalization and its discontents) ainsi (et surtout) qu'un MacBook for sympathique :)

Après le Père Noyel

Ce qui est bien avec le MacBook, c'est qu'il tourne également sous Windows. Une petite partition de 5GB et le tour est joué (remarquez bien que ce n'est pas par plus plaisir que je mets Windows, c'est parce que j'en ai besoin pour le travail.)

Le MacBook et Windows, une histoire d'amour imprévue

Je dois dire que je ne suis pas spécialement fan de Mac, et certains pratiques d'Apple ne me plaisent pas plus que celles de Microsoft. En revanche je n'en pouvais plus de Windows. Et pour un laptop, je faisais plus confiance à une solution intégrée. Je suis particulièrement satisfait de l'écran du MacBook. Ceci dit, vous m'entendrez peut-être chialer durant les prochains jours sur des choses que je n'arriverai pas à faire.

Le plusse beau métro du monde

Montréalais, si vous n'avez pas encore vu cette publicité antique de 1976, c'est à ne pas manquer.

Les habitués du métro remarquerons que les premières notes du clip reprennent le bruit produit par les rames de métro au démarrage ; ils avaient le sens du remix à l'époque !

À l'image de Raisin Bran qui a récemment ressorti des placards une vieille pub pourrie (possiblement de 1986), la STM pourrait très surement attirer les foules dans les souterrain montréalais en diffusant de nouveau ce bijou des 70's, non ?

Merci Mike :)

Grand concours : avoir 6 mois devant soi !

Je commence à envisager très sérieusement que le pire se produise et que mes études soient brutalement interrompues d'ici deux semaines, avec toutes les dates butoirs repoussées au minimum six mois plus tard que prévu, donc dans un an. Ça me déprime terriblement et j'essaie de prendre le taureau par les cornes pour retourner la situation, au moins psychologiquement. Le but, c'est de ne pas le subir et en souffrir terriblement pendant tout ce temps.

Alors voilà. Je sais que c'est un rêve bien partagé d'avoir six mois de sabbatique devant soi. Mais moi, ça ne m'enchante guère, et je ne sais pas ce que j'en ferais. En plus, c'est six mois avec déjà un bon endettement derrière moi, et pas d'économies en avant. Donc : pas de folies. Idéalement même, une occupation rémunérée. Il faut aussi que ce soit quelque chose qui ne nécessite pas trop d'organisation, étant donné que je vais le savoir tellement au dernier moment qu'il n'y aura sûrement pas de place, par exemple, pour une session universitaire dans un autre domaine.

Des idées de ce que je pourrais en faire, de constructif et qui m'apporterait comme être humain ? Je dois avouer n'avoir que très moyennement envie de fabriquer des frites chez McDo ou de vendre des guenilles dans une boutique. En plus, je suis nulle à ça.

C'est con d'avoir fait presque cinq ans d'université pour se retrouver limite à la rue, avec aucun diplôme en poche à part un pré-universitaire généraliste avec lequel on ne va pas bien loin dans la vie. Je pense que je vais en vouloir aux médecins spécialistes toute ma vie.

Et vous, vous feriez quoi ? Des idées, des suggestions ?

Mon pays, c'est l'hiver, lalalère

L'hiver est arrivé avec le mois de décembre.

Il a commencé le 1er avec la première tempête de grésil et de verglas, délicieux prélude à ce qui s'en vient pour les cinq prochains mois. On a choisi ce jour, sûrement le meilleur de l'année, pour aller manifester notre désir ardent de ravoir nos stages dans les hôpitaux. Nous étions plus de 500 externes des quatre facultés de médecine du Québec et nous avons sillonné les rues du centre-ville de Montréal, fermées pour l'occasion. Laissez-moi vous dire qu'on a fait pitié, parce que les rues étaient de vraies patinoires, qu'il faisait un froid de canard et que de la glace nous pleuvait tristement sur la tête. Ça n'a rien changé à l'inutilité de la chose, ni au fait que je n'en ai pas vu un seul mot évoqué dans les médias télévisuels comme écrits. Pff.

Et aujourd'hui, c'est la première neige, toute belle, toute fraîche, toute blanche. Même si on n'a pas de voiture, je n'aime pas l'hiver... En fait, je déteste avoir froid, et j'ai tout le temps froid ! Même si j'ai étrenné pour l'occasion mon nouveau manteau tout chaud, et que nos skis de fond sont prêts à arpenter les pistes de Montréal et des environs, pour essayer de moins haïr l'hiver, justement ! On a même tout bien isolé nos fenêtres, histoire de faire notre part pour l'environnement.

Dans le dossier des médecins spécialistes... Le Conseil des services essentiels ne s'est toujours pas prononcé, et de toute façon j'ai bien peu d'espoir quant à l'impact de sa décision, quelle qu'elle soit. Je sais que le ministre Couillard a envoyé une lettre à tous les médecins spécialistes du Québec pour leur expliquer sa dernière offre et les réalités de la société québécoise. Je doute aussi de l'efficacité de cette mesure, mais il y a si peu que l'on puisse faire...

Demain, nous avons une autre AG, que j'espère moins bâillonnée que la dernière. Je sais que l'une des questions abordées sera de savoir si, oui ou non, les externes en médecine familiale auraient le privilège inouï de faire leur stage. Le pire est à craindre quant à la décision "populaire" à ce sujet...

Je prie pour un règlement du conflit cette semaine, date ultime avant que tous nos projets de vie (et sûrement à plein d'autres externes...) ne soient durablement chamboulés. Mais honnêtement : je n'y crois pas.

samedi 2 décembre 2006

L'épreuve de la glace

Aujourd'hui j'ai passé avec succès ma première épreuve de vélo hivernal en rentrant du travail alors qu'il tombait des cordes de pluie verglassante. Les arbres avaient enfilés leurs manteaux de verre au point d'en faire tomber leurs branches sur les voitures et les 30mm de pluie qui n'avaient pas gelés au sol ruisselaient gaiement dans la rue.

Armé de ma veste de quart, de mon pantalon "splash" jaune avec réflecteurs (et mes beaux collants moulants dessous), ainsi que de mes gants de ski, je suis arrivé totalement sec. Pas un dérapage, pas une frayeur, suffit de rouler tranquillement.

La suite à la première neige !

vendredi 1 décembre 2006

La Bourse entre en bourse

Coup de tonnerre hier au bureau : la Bourse de Montréal, une entreprise privée jusqu'ici, va inscrire ses actions en bourse. Ça va d'ailleurs donner lieu à une situation cocasse. En effet, la Bourse de Toronto a émis a plusieurs reprises le souhait de se rapprocher de sa demi-soeur Montréalaise. Étant donné que TSX (Toronto Stock Exchange) a le monopole des valeurs mobilières (les actions) alors que MX (Montreal Exchange) gère les produits dérivés, le Bourse de Montral va voir ses actions listées chez son potentiel acheteur.

Ça ne signifie absolument rien au niveau d'un rapprochement des deux institutions, le choix était assez peu limité. Pour l'heure la direction de Montréal refuse ne serait-ce que de discuter sérieusement avec Toronto. Mais qui dit actions en bourse dit OPA possible. Remarquons cependant qu'il ne s'agit pas d'une IPO à proprement parler puisqu'aucune nouvelle action ne sera émise. Ce listing en bourse est "seulement" un moyen plus transparent pour transiger les actions existantes, détenues pour l'heure par quelques 300 actionnaires.

D'ailleurs, l'histoire récente de la Bourse de Montréal prête à questions. Oublions les 132 ans d'histoire et regardons l'année 1999 : à cette époque, il existe 4 bourses au Canada. Il est décidé que la Toronto héritera des valeurs mobilières, Montréal des produits dérivés (les autres ont disparu ou pas loin). Cette séparation fut un grand choc et d'ailleurs bien des Montrélais pensent qu'il n'y a plus de bourse à Montréal. Dans la foulée, la Bourse de Montréal, qui était alors une mutuelle, est devenue entre entreprise privée. Les actions étaient valorisées assez peu, les employés de l'époque ont pu acheter des actions pour quelques dollars. L'annonce de listing en Bourse va surement valoriser l'action à plus de 50$, peut-être beaucoup plus. Inutile de dire que les actionnaires s'en frottent les mains. On parle bien entendu des employés mais surtout des gros actionnaires, ceux qui ont fait ce choix. Il est désormais possible de vendre des actions, surement au prix fort, librement et sans demander l'avis à personne ! Si ça ne change pas grand chose sur le fonctionnement de la Bourse, c'est une évolution majeure pour les actionnaires. D'autant que comme aucune action supplémentaire ne sera émise, il n'y aura pas dillution.

Personnellement je ne peux m'empêcher d'y voir aussi la préparation de mouvements plus importants. Comme je l'ai dit, la Bourse de Toronto a manifesté son intérêt. Les produits dérivés représentent le marché avec une croissance inégalée, c'est intéressant. La Bourse de Montréal gère également (et est actionnaire) d'une bourse d'option américaine (le Boston Option Exchange) et si les choses se poursuivent MX pourrait héberger le Montreal Climate Exchange. Comme aucune nouvelle action n'est émise, il n'y a pas de levée de fond (et la Bourse dispose de liquidité), c'est très probablement une évolution réalisée pour l'avenir. Malheureusement, je ne suis pas dans le secret des Dieux. Est-ce qu'il y aura quelque chose avec TSX, avec une autre bourse, un achat, une fusions, je n'en ai pas le moindre idée.

Note : Par entreprise privée, j'entends entreprise non cotés en bourse, l'entreprise publique étant, par opposition, cotée en bourse. Ça vient d'un vilain anglicisme puisque cette topologie est surtout utilisée en glawish.

jeudi 30 novembre 2006

Ici et ailleurs... à voir

Encore une fois, Foglia parle vrai, au sujet des centres pour personnes âgées. C'est dans La Presse, c'est en accès libre. Ses interventions se font de plus en plus distilliées, mais toujours aussi pertinentes.

Tout le monde commence être au courant, mais je tiens à souligner mon soutien complet à André Bérard du Blogue-Notes. Un résumé de la situation sur la Ruche par Guy. La réponse du maire, ce jour, chez Laurent et chez Houssein. Que c'est fragile, la liberté d'expression... Si vous voulez manifester votre soutien, c'est ici.

Un feuilleton enlevant, chez miss lulu in Granbled : la comparaison ULTIME entre Canada et États-Unis, par une euh, Franco-Suisse disons ;) : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, et tome 5.

Audrey, la dulcinée de piette, va un peu mieux. SVP, si vous vous sentez mal, parlez-en. Il y a tellement que l'on puisse faire pour vous. Moi en tout cas, ça me donne envie d'aider les gens comme elle, qui en ont tellement besoin. Peut-être bien que je vais finir en psychiatrie à la fin, qui sait ?

Mère indigne se change en écrivaine. La tribune de son blog lui aura bien servi, apparemment ! Bonne route, enfin, bonne plume à elle !

Les crèmes desserts débarquent en ville ! Grâce à Olivier, qui se fait un bon sentinelle en la matière, nous avons pu nous délecter de ces fameuses crèmes brûlées. Franchement pas mal du tout !

Un autre feuilleton enlevant, chez Akynou celui-là, Une histoire de date et de gènes, tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, à suivre avec impatience. La belle histoire, toujours unique, des débuts de la vie d'un enfant !

Et on souhaite bon rétablissement à Leeloolène, qui n'en finit plus de se battre avec on-ne-sait-trop quoi, une coqueluche ou quelque chose comme ça !

Audience publique du Conseil des services essentiels

Le Conseil doit rendre sa ou ses décisions ce soir, qui peut ensuite mettre 24-48h à être appliquée. Dans tous les cas, ça ne va pas régler le conflit, et peut-être même l'envenimer si ça mène à l'imposition d'une nouvelle loi spéciale, par exemple. Qui sait, peut-être s'en va-t-on vers la loi martiale, avec un militaire qui pointe une Kalachnikov sur la tête de chaque médecin spécialiste pour qu'il nous enseigne ! Bref, j'ai bien hâte de voir ça.

Impasse entre les médecins et Québec

Impasse entre Québec et les spécialistes

Le Conseil des services essentiels saisi de requêtes

Reprise des audiences

L'évaluation des écarts: état des lieux (très intéressant !)

Update en soirée : Décision reportée

Extrait-choc : Selon les avocats du gouvernement, l'obstruction procédurale de la FMSQ met en péril « toute une cohorte de futurs médecins ».

Quant à moi, j'ai écrit à la responsable de l'externat pour demander le retour des stages avec des généralistes. Je me suis fait répondre d'attendre l'AG de lundi soir. C'est con, parce que ça doit vouloir dire qu'ils vont demander l'avis des gens, et les gens, ils ne voudront pas que les stages qui le peuvent avancent !!

Je me demande si je ne vais pas tout simplement essayer d'aller en stage et d'obtenir un accord avec le responsable pour qu'il me reconnaisse ultérieurement les semaines accomplies, le cas échéant. Mais ça, c'est la carte que je garde dans ma manche, je n'allais quand même pas le dire à la direction de la faculté pour qu'ils prennent toutes les mesures nécessaires afin que ça n'arrive pas !

En attendant, une grosse manif est prévue demain dans le centre-ville. Je ne suis pas certaine de l'utilité ou de l'impact d'une telle action, mais on a si peu de marge de manoeuvre...

mercredi 29 novembre 2006

Le débat prend de l'ampleur

Les négociations n'avancent pas d'un iota et les déclarations honteuses du pitbull se succèdent à la télévision et à la radio.

En attendant, le débat enfle dans les médias qui abordent maintenant le sujet tous les jours. Il est clair que le gouvernement mesure la gravité de la situation pour nous, pauvres petites crottes d'étudiants en médecine qui ne valons pas grand-chose et que les spécialistes balaient du revers de la main. Et même le grand public doit commencer à le savoir, bien que ça le concerne peu. Malgré tout, des manifestations sont encore prévues pour faire un peu plus de bruit. Que pouvons-nous faire, de toute façon, à part subir ?

Les médecins spécialistes convoqués en médiation

Le Conseil des services essentiels convoque Couillard et les spécialistes

La Faculté de médecine de Sherbrooke suspend aussi ses stages

L'Université de Sherbrooke suspend ses stages

Des écarts considérables entre les spécialités

Somme moyenne versée aux médecins par la RAMQ en 2005

Rémunération moyenne des médecins au Canada en 2003-2004

Update fin de soirée :

C'est l'impasse entre Québec et les spécialistes

Rien ne va plus

On remarquera que la seule université qui a jugé bon de pénaliser plus encore que nécessaire tous ses étudiants sans distinction est la nôtre. Je continue de crier mon désaccord avec cet acte extrémiste et inutile. Il serait plus simple de faire nos stages avec les généralistes maintenant et alors qu'ils peuvent être faits sans encombre, évitant entre autres d'avoir à les refaire plus tard dans un contexte de milieux de stage surchargés. Par ailleurs, ça n'enlève rien à la portée de la décision des autres facultés, qu'elles aient arrêté "presque tout le monde" au lieu de "tout le monde".

J'espère que la faculté va modifier sa position d'ici lundi, début de mon stage de médecine familiale.

lundi 27 novembre 2006

Ça regarde mal...

Toujours pas d'entente à l'horizon...

Québec saisit le Conseil des services essentiels

Québec revient à la charge

Médecins spécialistes: Couillard durcit le ton

Update : Deux universités suspendent leurs stages de médecine

Le Conseil des services essentiels convoque la FMSQ et Québec

Les deux parties sont connes. Le gouvernement qui refuse de commencer par retirer sa vilaine loi 37. Les spécialistes qui refusent ne serait-ce que de négocier et qui refusent toutes les offres, laissant monter l'enchère. Se sentant tout-puissants.

Je commence mon lockout ce jour. Je dis "lockout" mais ce n'en est pas vraiment un : normalement quand un "employeur" fait ça, c'est pour faire plier le syndicat de ses employés ! Mais là, nous ne sommes qu'un "dommage collatéral", les otages de la prise d'otages... Même si nous voulions plier : ce n'est pas à nous de le faire !

Chose certaine, on y avait déjà pensé, au coup de forcer les médecins spécialistes à nous enseigner, la Faculté comme l'association étudiante. Et jamais on n'avait trouvé de loi ou de règle disant qu'ils devaient nous enseigner, surtout que c'est du quasi bénévolat cette affaire. Alors le Conseils des services essentiels peut toujours chercher...

En plus, qui a envie de retourner en stage avec des médecins frustrés obligés d'enseigner ? Vive les relations de travail !

Non, il faudrait vraiment que ça se règle autrement !

Update : très beau texte d'opinion dans La Presse, auquel j'adhère à 100%. Des pubs honteuses À lire absolument !

L'arrêt Chaouilli et le privé en santé

L’arrêt Chaouilli, c’est cette décision de la Cour Suprême du Canada statuant que le Québec ne peut interdire à un citoyen de prendre une assurance privée pour obtenir des soins médicaux. En effet, il a été jugé que l’attente dans le système public est parfois inacceptable et met en danger la vie et la santé des patients. Cet arrêt va même à l’encontre de la Loi canadienne sur la santé, dont les cinq principes fondamentaux sont : gestion publique, intégralité, universalité, transférabilité, accessibilité.

Québec, dans sa loi 33 du printemps dernier, cherche donc à garantir des délais raisonnables au public, recourant sinon à des cliniques privées aux frais de l’État. De plus, il est maintenant permis de contracter une assurance privée pour la chirurgie de la hanche, du genou et de la cataracte.

Pourquoi est-ce que le privé est une si mauvaise solution ?

On sait que le Québec consacre 9,6% de son PIB brut à la santé (comparativement à 10,9% au Canada, 10,2% en France et 14,7 % aux Etats-Unis), répartis actuellement en 30% de privé et 70% de public (une répartition comparable à la France). On peut donc constater que le privé est déjà bien impliqué au Québec (pensons aux dentistes, optométristes, physiothérapeutes, médicaments…). On peut aussi se surprendre des coûts aussi élevés aux Etats-Unis malgré une mauvaise couverture de la population. Quant à nous, si on se compare, on pourrait croire à voir ces chiffres que le financement de notre système de santé est adéquat et que le gros du problème réside dans l’organisation et l’efficacité du réseau, en particulier la première ligne.

Notre système de santé s’est toujours voulu juste, équitable et universel, et le consensus dans la société est toujours pour qu’il le demeure. Donner une plus grande part au privé à but lucratif a souvent été avancé comme une solution pour améliorer l’accessibilité des soins et contrôler les coûts. Pourtant, les exemples ailleurs ne semblent pas prouver que le privé améliore la situation…

La première étude (Devereaux et al., CMAJ 2002) est une revue systématique et une méta-analyse comparant les taux de mortalité entre les hôpitaux publics et privés aux Etats-Unis. Les résultats sont éloquents : les taux de mortalité pour les mêmes types de diagnostics/patients sont significativement plus élevés de 2% dans les hôpitaux à but lucratif. Les explications avancées en seraient : une proportion moins élevée de personnel hautement qualifié, l’obligation de dégager des profits de 10-15% et de payer des taxes. Le seconde étude de la même équipe (CMAJ 2004) compare les coûts absolus pour des services similaires dans des hôpitaux publics et d’autres à but lucratif. C’est aussi une revue systématique et méta-analyse, faisant état de coûts significativement supérieurs d’environ 19% dans les hôpitaux privés. Il est donc faux de croire que le privé permet de faire diminuer les coûts ou d’augmenter la qualité des soins…

La troisième étude vient de Woolhandler et al. (NEJM 2003) et compare les coûts de l’administration de la santé entre le Canada et les Etats-Unis. Ces coûts sont beaucoup plus élevés aux Etats-Unis, représentant 31% des dépenses de santé (1059 $ per capita), comparativement à 16% au Canada (307 $ per capita). À croire que la gestion publique du réseau n’est pas si désavantageuse !

Les conséquences du privé en santé sont potentiellement nuisibles, il devrait donc être réglementé et contrôlé de façon stricte. Quant à l’accessibilité, de façon conceptuelle, on voit mal comment le fait de répartir différemment l’offre limitée de médecins et de personnel en contexte de pénurie (certains en privé et d’autres en public) pourrait faire autrement que de simplement déplacer le problème. Ceux qui payent auront peut-être un meilleur accès, mais au détriment du système public, où les listes d’attente s’allongeront. Ceci est d’ailleurs bien démontré par l’expérience au Manitoba, en Alberta, au Royaume-Uni et en Australie (dans À bas les mythes sur le système privé parallèle et les temps d’attente, 2005).

Pour terminer sur le privé, on a plusieurs fois démontré que de lui ouvrir la porte augmente les coûts totaux de la santé (et ce sont toujours les citoyens qui payent au fond), augmente les listes d’attente dans le public et augmente aussi les coûts de gestion du système de santé. Pourtant, l’arrêt Chaoulli va quand même dans ce sens… C’est que d’un point de vue purement individuel plutôt que populationnel, la personne qui a les moyens de se payer un service privé est effectivement objectivement avantagée. Elle réclame donc ce « droit » à grand cri, même au détriment des autres.

Au fond, si le système de soins était satisfaisant, il ne serait pas nécessaire d’avoir recours au privé et la solution réside dans le fait de le rendre satisfaisant. Et si nous sommes prêts à nous payer en double une assurance privée tellement cela nous importe, c’est que nous serions aussi prêts à en payer un peu plus par nos impôts, le cas échéant. Personnellement, j’aurais honte que notre système en devienne un comme celui des Etats-Unis où tellement de malades sont des laissés pour compte du système de soins…

Or il existe bien d'autres formes de privés que celui des États-Unis, comme par exemple les fameux PPP (partenariats public-privé), où une entreprise privée offre un service public selon des normes de services strictes fixées par l'État. À la limite, un cabinet de médecins est déjà un PPP. En France, cette forme de privé existe effectivement beaucoup, de nombreux hôpitaux privés offrent par exemple des chirurgies (40% des hôpitaux en France sont privés à but lucratif, plus 33% à but non lucratif et seulement 25% sont publics). Mais les médecins y sont toujours rémunérés par la Sécurité sociale et les patients y sont également remboursés par la Sécu. Pas d'inégalité !

L'OMS place le système de santé français au premier rang mondial quant à son efficacité globale (état de santé de la population par rapport aux sommes investies). Le Canada arrive 30e et les États-Unis 37e. À noter que les États-Unis tombent au rang 72 d'après les effets sur le niveau de santé. Il faut aussi mentionner que la France compte un grand nombre de médecins actifs par rapport à sa population (329 par 100 000 habitants, comparativement à 209 par 100 000 habitants au Canada), mais qu'ils sont bien moins bien rémunérés qu'en Amérique du Nord...

En gros, c'est vraiment un système où le privé est omniprésent, pour le bien-être du plus grand nombre. Et le filet social ne laisse personne à découvert. (Seul bémol au tableau, le déficit monstrueux de la Sécurité sociale française, qui est prévu à 8 milliards d'euros en 2007, ce qui représente pourtant une légère baisse du déficit !)

Les PPP, une partie de la solution ? Peut-être, mais il ne faudrait pas oublier de combler la pénurie de personnels, et d'améliorer l'efficacité du réseau actuel. (La grande question est : jusqu'où va la volonté politique ? Après tout, une pénurie et un mauvais accès, c'est aussi une façon de contrôler les coûts...!)

dimanche 26 novembre 2006

Un député propose de voter sur son blogue

Toujours le même : Turner. C'est qu'il est actif ! Il vient de balancer un communiqué de presse signalant l'ouverture d'un sondage sur la question de la nation québécoise sur son site.

La frontière entre l'utilisation constructive d'un blogue et la pantalonnade est parfois vite franchie. Dommage.

Stéphane Z.

samedi 25 novembre 2006

Le concept de démocratie

Faute d'hébergement, l'homme de la maison va également squatter ce blogue, histoire de s'énerver un peu.

L'actuel drame en trois actes sur la nation québécoise montre que la notion de démocratie est toujours très relative. En effet, les députés de tous bords se verront surement contraint à suivre la ligne de leur parti, ligne poussant à voter "yea" autant pour Conservateurs que Libéraux. Rien à voir avec une poussée d'altruisme envers le Québec ni avec une volonté réelle de faire régresser les souverainistes, l'objectif tient plutôt dans les votes québécois qui participent largement à l'équilibre parlementaire actuel.

Pourtant les députés de ces partis seraient plus tenté de voté "nay". Nombre d'entre eux sont agacés de voir cette question soulevée si fréquemment... sans parler de la population. En effet tous ces députés hors Québec ont été élus par des électeurs majoritairement opposés à une telle reconnaissance (64% du Rest Of Canada ne voit pas dans le Québec ou dans les Québécois une nation, 87% ne veulent pas voir la Constitution modifiée pour cela -source). L'expérience de Garth Turner, qui a demandé à quelques uns de ses citoyens de s'exprimer, obtenant un rapport de 33 contre 1 en faveur du non, est éloquent. Garth Turner est désormais indépendant, il votera donc comme bon lui semble, il n'en sera pas de même dans les rangs Conservateurs et Libéraux (et des Bloquistes maintenant qu'ils ont retournés leur pantalon).

L'avis des électeurs se trouve alors totalement occulté par les visées politiques de chaque parti. Dans la situation, aucun parti ne veut s'aliéner les 66% de québécois qui pensent que la Constitution devrait être amendée pour reconnaitre la nation Québécoise. Le résultat est une direction unanime à l'opposé de la majorité canadienne. Par ailleurs, l'absence totale de débat sur le sujet est tout à fait remarquable : la motion fut déposée Mercredi, les lignes de parti définies vendredi et le tout voté Lundi. On va vite en affaire au Canada !

Stéphane Z.

Note : Mon avis sur la notion québécoise n'est pas le sujet ici. C'est surtout un prétexte pour mettre en avant une faiblesse majeure de la démocratie allant avec des partis politiques très puissants. Rien de nouveau ici, juste un exemple très frappant à mon gout.

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